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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 14:35
La pression gouvernementale pour arrêter des Afghans continue.Deux fois par jour les policiers doivent informer le ministère du nombre d'Afghans présents , quels sont les recours que la CIMADE fait pour eux..;etc!

Le 5 décembre 2009,  un Afghan arrêté la veille a été libéré par le T.G.I en raison d'un vice de procédure.

Lundi 7 décembre 2009,  deux Afghans passeront au T.A à 14 heures.

Si vous désirez aller les soutenir par votre présence au Tribunal, téléphonez d'abord au n° fixe du Centre de Rétention (04 93 55 68 11) pour être sûr que l'audience sera maintenue.
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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 10:05
VICTOIRE, le 4 décembre 2009, au TA, pour Zohra et son fils Abdelmadgid (famille RESF de Grasse). Une fois de plus, le juge a invalidé la décision d’expulsion du préfet (celui-ci devrait revoir ses connaissances en Droit).
Un grand merci à toutes les personnes qui les ont soutenus. CONTINUONS !
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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 09:58

APPEL DU RESF 06

Les parrainages sont un temps symbolique très fort où nous démontrons publiquement que nulle pression  ne nous empêchera d’exercer nos droits et devoirs de citoyen-nes.
Depuis 2005, RESF 06 a déjà parrainé une soixantaine de familles.
Plusieurs ont été régularisées ;  d’autres attendent encore, avec notre aide et en ayant évité l’expulsion (parfois au prix de longues batailles juridiques et médiatiques).

14 nouvelles familles (une quarantaine d’enfants)seront mises sous notre protection le 6 décembre. Entourons-les de notre solidarité.
 

 
Dimanche  6  décembre cérémonie de parrainage républicain  de 14 familles  d’enfants scolarisés
Palais de Justice de Nice – 10h

 

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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 15:06

De RESF 06 GRASSE :

 

 

Appel à présence au Tribunal administratif de Nice

Vendredi 4 décembre 2009 à 9 h

 

Villa "La Côte", 33 Boulevard Franck Pilatte, Nice

 

 

Le vendredi 4 décembre à 9 heures, Zohra Sellaoui et son fils Abdelmadgid, comparaîtront devant le tribunal administratif.

Ils sont défendus par Maître Ciccolini.

 

 

Zohra est née en France à Saint Raphaël en 1962. Suite aux ennuis de santé de sa maman, elle a été confiée à ses grands parents en Algérie à l’âge de 3 ans.

En 1989, elle est mariée avec Monsieur Z. Trois enfants naissent en Algérie. Le mari se montre de plus en plus violent. En 2001, Zohra quitte l’Algérie avec son plus jeune enfant pour rejoindre son père à Grasse et demande le divorce. Son ex-mari, M. Z vient la retrouver avec les deux aînés. Il commet de nouvelles violences et repart en Algérie enlevant les deux aînés.

Le divorce est prononcé en 2003 en Algérie : Zohra est condamnée à une peine d’un an de prison pour abandon de famille.

Zohra vit depuis 8 ans en France, elle travaille, s’occupe de son père âgé. Son plus jeune fils, Abdelmadgid est entré à l’école à Grasse à l’âge de 4 ans. Il est maintenant en 6°.

Elle n’a presque plus de contact avec sa fille aînée (19 ans) enfermée par le père qui s’est remarié et a de nouveaux enfants. Le cadet (17 ans) attend sa majorité pour quitter ce père tyrannique.

 

Merci de venir soutenir Zohra et Abdelmadjid

 

Contact : Michèle J   mijeulin@orange.fr

 

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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 17:32

Besson a assuré qu’aucune personne apportant une aide humanitaire à un sans papiers  n’était poursuivie en France.

 

C’est FAUX !

 

Nous le vérifions  chaque semaine.

 

Récemment, de simples citoyens, compatissants devant la misère et l’angoisse d’êtres humains, ont été harcelés par la police ou traduits en justice  pour avoir hébergé bénévolement un jeune, donné à manger aux uns, rechargé les portables d’autres…

Chaque fois, une forte mobilisation citoyenne a montré que de plus en plus de Français-es refusaient ces ignominies. Les  victoires  ont été remportées au bout d’un long chemin épuisant.

 

Chez nous aussi :

ElenaELENA est une Cannoise qui n’est pas familière des associations et des  actions militantes.

Un jour, de bonne foi, elle héberge chez elle 2 jeunes femmes philippines.

La police l’ayant appris lors d’un contrôle, ELENA est inculpée d’aide au séjour irrégulier.

Elle doit comparaître le 20 novembre à Grasse, défendue par notre avocate : Me Traversini.

 

Nous ne la laisserons pas affronter seule cette épreuve.

 

Toutes et tous au tribunal de Grasse !

Le vendredi 20 novembre à 8h30

 

 

Pour dire notre révolte devant ces pratiques.

Nous crierons, devant le tribunal, que nous sommes, nous  aussi, des "délinquants solidaires" !

 

 

Nous savons l’heure peu favorable mais demandons à celles et ceux qui peuvent se libérer de faire l’effort et de mobiliser leur entourage.

Notre nombre montrera notre solidarité à Elena et notre détermination aux pouvoirs publics.

 

 

TRIBUNAL d’INSTANCE DE GRASSE

37 AVENUE PIERRE SEMARD 06130 GRASSE

 

Parking « Roure » près de la pharmacie du Palais (payant) ; parking de la gare SNCF : plus loin mais gratuit.

Plan : http://fr.mappy.com/#d=Tribunal+de+Grande+Instance%2C+Grasse&p=map

 

 

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 15:42
Le film de la manifestation mis en ligne par l'ADN :

Les images du 19/20 de France 3 (à partir de 4mn 35s);
http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=c06a_1920&video_number=0 
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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 15:21

Lorsque le Préfet ne délivre pas de titre de séjour à un sans papier qui en fait la demande, son refus est assorti d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF).  De nombreuses associations des Alpes Maritimes rassemblées au sein du collectif "Uni-e-s contre une immigration jetable" lui ont fait parvenir le 24 octobre 2009 une Obligation de quitter le territoire départemental des Alpes Maritimes afin de dénoncer les dysfonctionnements de la préfecture dans le traitement des demandes de régularisation.  
 

UNI-E-S CONTRE UNE IMMIGRATION JETABLE

  
 

Les associations et réseaux humanitaires des Alpes-Maritimes

 
 

Vu la Charte d'Ottawa pour la promotion de la santé de 1986, ratifiée par la France

 

Vu la Déclaration Universelle des Droits de l’homme de 1789,

 

Vu la Convention Européenne des Droits de l’Homme,

 

Vu la Convention internationale des droits de l’enfant signée à New York le 26 janvier 1990, ratifiée par la France

 

Vu le Règlement CE n° 343/2003 dit « Dublin 2 »,

 

Vu la Directive n° 2004/38/CE concernant les conjoints de ressortissants européens,

 

Vu le Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile,

 

Vu le Code pénal dans sa Partie législative LIVRE II : Des crimes et délits contre les personnes TITRE II : Des atteintes à la personne humaine, notamment en son article 223-6 concernant la mise en danger de la personne et l’entrave aux mesures d’assistance et de l’omission de porter secours,

 

Vu la loi du 28 mars 1882 sur l'enseignement primaire et par l'ordonnance n° 59-45 du 6 janvier 1959 portant prolongation de la scolarité obligatoire

 

Vu l’article 4 du préambule de la constitution de 1946 sur le droit d’asile

 
 

* *

*

 
 
 


 

Considérant que Monsieur Lamy vraisemblablement français, a eu la chance d’effectuer des études dans de grandes écoles françaises (ENA) puis a occupé des postes en tant que fonctionnaire dans l’administration française,

 

Considérant qu’il a été nommé Chevalier de la Légion d’Honneur et Chevalier de l’Ordre National du Mérite

 

Considérant qu’il a été formé pour défendre les intérêts des citoyens de la République en ce qu’il doit appliquer le droit visé ci-dessus,

 

Considérant qu’il a été nommé Préfet des Alpes-Maritimes en octobre 2008 suite à une belle carrière dans l’administration,

 

Considérant les conditions d’accueil déplorables des étrangers à la préfecture (longues files d’attente, exigence de documents non prévus…),

 

Considérant les condamnations par le Tribunal Administratif de NICE contre de nombreuses décisions de refus d’admission au séjour abusives, non motivées et hors-la-loi prises par Monsieur LAMY. ,

 

Considérant que Monsieur LAMY oblige ainsi les contribuables à financer par leurs impôts les erreurs de fait et de droit qu’il a commises en refusant d’appliquer les textes de loi en vigueur concernant l’admission au séjour des étrangers, des communautaires et des demandeurs d'asile,

 

Considérant que la Cour des comptes a exprimé en juillet 2009 des critiques concernant le coût excessif de la politique des expulsions, s’élevant en moyenne à 5.500 Euros par personne,

 

Considérant que 50% de ces personnes ne peuvent être renvoyées dans leur pays d’origine notamment en vertu de l’article 3 (risque d’exposition à des traitements dégradants pour l’individu) et 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme (protection de la vie privée et familiale), ou simplement parce que les Consulats refusent de renvoyer leurs compatriotes en raison de l’apport économique que ceux-ci fournissent à leur pays d’origine par le fruit de leur travail en France.

 

Considérant que lesdits étrangers contribuent à la vie économique de notre pays, en participant à la construction des bâtiments administratifs où Monsieur LAMY a eu l’occasion d’exercer ses fonctions (la Préfecture des Alpes Maritimes, l’hôtel des Impôts), des voies publiques (le tramway, l’entretien des autoroutes), au nettoyage de nos charmantes rues azuréennes, à la garde de nos grands-parents ou parents, de nos enfants, etc.  

 
 

Considérant que lesdits étrangers paient la TVA comme tout le monde,

 

Considérant que lesdits étrangers cotisent très souvent aux différentes caisses sociales, paient des impôts notamment la taxe d’habitation et qu’ils n’ont droit à aucune aide,

 

Considérant que Monsieur LAMY empêche des familles de vivre ensemble par la longue et inutile attente de sa  signature notamment pour des dossiers complets de regroupement familial

 

Considérant que Monsieur LAMY qu’il représente empêche des couples mixtes de vivre ensemble en toute tranquillité et de se projeter dans l’avenir

 

Considérant que bien des étrangers malades ne peuvent poursuivre des soins en France du fait de la carence administrative de Monsieur LAMY à délivrer les titres de séjour prévus par la loi,

 

Considérant que Monsieur LAMY trouble le sommeil de familles installées depuis très longtemps en France et faisant preuve d’une intégration exemplaire en ordonnant de les chercher à leur domicile à des heures indécentes pour les conduire en centre de rétention eux et leurs enfants en bas âge en vue de leur expulsion,

 

Considérant que les associations qui accompagnent les étrangers dans toutes ces démarches ne sont plus reçues en préfecture pour plaider leur cause et ainsi éviter des drames humains et des contentieux coûteux payés par le contribuable,

 

Considérant que Monsieur LAMY oblige les demandeurs d’asile à formuler une demande de CADA et qu’il refuse, dans l’attente de leur admission, un hébergement hôtelier indispensable au succès de leur démarches.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  

Sur proposition des associations qui défendent le droit des étrangers et forts des textes de loi existants

 

A R R E T O N S   Q U E :

 

1.   La fonction de Monsieur LAMY en tant que représentant des intérêts des citoyens de notre République est annulée.

2.   Le rôle de Monsieur LAMY de garant des valeurs de la République est suspendu.

3.  Les coûts et frais engagés en vue de l’expulsion des étrangers sous la responsabilité de Monsieur LAMY feront l’objet de retenues sur salaire.

4.  Le titre de séjour de Monsieur LAMY à Nice est annulé.

 
 

Cet arrêté sera exécuté dans le délai d’un mois à compter de sa notification.

 

S’agissant simplement du respect de la loi, cet arrêté, contrairement à ceux de Monsieur LAMY, ne comporte aucune voie de recours.

 

 

 
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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 18:19

AVIS D’EXPULSION

DU PREFET DES ALPES MARITIMES 



Aujourd’hui samedi 24 octobre, nous nous sommes rassemblés Place du Palais de justice à Nice pour notifier à Monsieur Lamy Préfet des Alpes-Maritimes une Obligation de Quitter le Territoire administratif de notre Département pour non application des textes en vigueur entraînant la dépense à tort des deniers publics.





Nous dénonçons les dysfonctionnements de la préfecture dans le traitement des dossiers de régularisation des sans papiers.

 

 

Des situations humanitaires dramatiques

 

Le refus de la Préfecture d’appliquer les textes de loi interdit à un grand nombre de personnes de vivre avec leur famille.

­         Des parents sont séparés de leurs enfants.

­         Des couples ne peuvent vivre ensemble uniquement parce que l’un est Français et l’autre est étranger.

­         Des familles entières – avec parfois des enfants en bas âge – sont enfermées en centres de rétention.

 

 

Des injustices flagrantes

 

­         Des travailleurs payant impôts et cotisations sociales depuis de longues années sont expulsés.

­         Des malades qui ne peuvent être correctement soignés qu’en France sont expulsés. Actuellement, 15 malades du SIDA en sont menacés à Nice.

­         Des personnes isolées, sans attaches avec leur pays d’origine sont expulsées.

 

 

Le coût de l’incompétence

 

Ces désordres préfectoraux sont coûteux pour le budget de l’Etat :

­         Trop souvent la préfecture n’applique pas les textes en vigueur. Ses décisions sont alors annulées par le tribunal administratif et elle doit payer des pénalités financières. Nos impôts doivent financer la solidarité et non les erreurs de la préfecture.

 

 

 

UNI-E-S CONTRE UNE IMMIGRATION JETABLE

 

 

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 14:33

CIMADE – Communiqué  9/10/09

 

 

Une centaine de demandeurs d'asile, érythréens et soudanais, dorment dans les rues de Nice actuellement.

Ils seront chassés par la police à l’aube et, s’ils ne ramassent pas leurs affaires, tout est jeté à la poubelle par les policiers.

 

Ce sont des primo arrivants, venant de pays en guerre. Ils se sont immédiatement présentés à la préfecture pour demander l'asile.

Vendredi 2 octobre, ils sont venus en nombre à ALC et ont exigé que le droit d'asile soit respecté. Ils ont surtout demandé à être hébergés décemment (cf. Nice-Matin du 6 octobre 2009).

Jeudi 8 octobre, ils n'ont eu qu'un représentant de la DDASS comme interlocuteur, sans qu'aucune solution de leur soit proposée (cf. Nice-Matin du 9 octobre).

 

Rappelons les textes qui justifient leurs demandes :

·         La convention de Genève (ONU)

·         Directive européenne 2003/9/CE

·         CESEDA article  R. 742 -- 1

·         La jurisprudence du Conseil d'Etat (ordonnance du 21/09/09).

Ces textes ne font pas de distinction entre familles, isolés, ni sexe.

 

1.      Après leur déclaration de demande d’asile, une autorisation provisoire de séjour (APS) doit alors être délivrée dans un délai de quinze jours par le préfet. Ce n'est pas ce qui se passe à la préfecture de Nice, certains sont sous convocation, de mois en mois.

2.      Dès l’APS, ils doivent, s'ils sont sans ressource, être accueillis et aidés : logement, nourriture, habillement, et recevoir l’ATA (allocation d’attente, environ 300 EUR par mois).

Ce n'est pas le cas à Nice :

-        Aucun n’est hébergé.

-        L’ATA n’est délivrée qu'après plusieurs mois d'attente et certains pendant cette attente souffrent de la faim.

-        Quand l’ATA est délivrée, bien entendu elle ne peut permettre de se loger à Nice et elle couvre tout juste les autres besoins.

 

Le Conseil d'Etat, dans ses ordonnances, indique que si les capacités d'accueil spécifiques pour les demandeurs d'asile sont saturées, le préfet doit trouver des solutions d'urgence, pour le temps le plus court possible, pour répondre à cette obligation d'hébergement : solutions d'hôtels meublés, de foyers, mais aussi réquisitions d'immeubles vides (il y en a à Nice !).

 

La CIMADE, avec d'autres associations qui accompagnent les demandeurs d'asile, demande au préfet des Alpes-Maritimes de faire face à ses  obligations pour le respect des droits des demandeurs d'asile.

Elle rappelle qu'actuellement ces personnes qui ont fui les pires persécutions dans leur pays sont dans la rue, que les policiers les délogent chaque matin sans ménagement, que les représentants de la préfecture ne leur conseillent que de « ne pas rester groupés et de se cacher dans des endroits reculés loin des regards ».

 

Ce n'est pas digne de notre pays et c'est tout simplement illégal au regard du droit international, européen et national.

 

 

 

Pour la CIMADE à Nice,

Elisabeth Grimanelli,  06 11 01 95 82

 

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Published by coviam - dans Communiqués
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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 23:24

Source : http://www.undp.org/french/hdr2009.shtml

Bangkok, le 5 octobre 2009 —
Permettre la migration – à l’intérieur où au-delà des frontières – peut potentiellement augmenter la liberté des populations et améliorer la vie de millions de personnes dans le monde : tel est le résultat du Rapport mondial sur le développement humain 2009, lancé ici même aujourd’hui.

Nous vivons dans un monde très mobile, où la migration est non seulement inévitable mais constitue également une dimension importante du développement humain. Près d’un milliard de personnes sont des migrants, soit une personne sur sept. Le Rapport, intitulé Lever les barrières : mobilité et développement humains, montre que la migration peut améliorer le développement humain pour les personnes migrantes, pour les communautés d’accueil et celles de départ.

« La migration est une force sur laquelle il faut compter, qui peut contribuer de manière significative au développement humain », déclare Helen Clark, administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). « Mais pour concrétiser ses avantages, un cadre politique favorable doit être mis en place, comme le suggère ce rapport. »

En effet, la migration peut augmenter les revenus et améliorer la santé d'une personne, ainsi que les perspectives d’éducation de leurs enfants. Plus important encore, vivre là où l’on souhaite est un élément clé de la liberté humaine, explique le Rapport, qui avance également que la réductions des barrières et d’autres contraintes à la mobilité ainsi que l’amélioration des politiques à destination de la population migrante peuvent générer d’énormes bénéfices en termes de développement humain.

Cependant, la migration n’apporte pas que des avantages. Ses gains potentiels dépendent beaucoup des conditions dans lesquelles elle a lieu. Les dépenses financières peuvent être relativement élevées et la mobilité entraîne inévitablement des incertitudes et une séparation familiale. Les populations pauvres sont souvent limitées par un manque de ressources, d’informations ainsi que des barrières dans les communautés et les pays d’accueil. Pour nombre de ces personnes, la migration reflète également les répercussions d’un conflit, d’une catastrophe naturelle ou de graves difficultés économiques. Certaines femmes finissent dans des réseaux de trafic d’êtres humains, perdent des libertés importantes et sont exposées à des dangers physiques.

Cette étude est la plus récente publication d’une série de Rapports mondiaux sur le développement humain visant à encadrer les débats sur certains des défis les plus urgents pour l’humanité, du changement climatique aux droits de l’homme. Ce rapport indépendant a été mandaté par le PNUD. Jeni Klugman est la directrice de l’édition 2009.


Bousculer les idées reçues

Les conclusions de ce Rapport apportent un éclairage nouveau à certaines idées reçues. La plupart des migrants ne franchissent pas les frontières nationales mais se déplacent à l’intérieur de leur pays. 740 millions de personnes sont des migrants internes, soit plus de trois fois le nombre de migrants internationaux. Parmi les migrants internationaux, moins de 30 % se déplacent d’un pays en développement vers un pays développé. Par exemple, seuls 3 % des Africains vivent en dehors de leur pays de naissance.

Contrairement à ce qui est généralement admis, les migrants développent l’activité économique et donnent plus qu’ils ne reçoivent. Des enquêtes détaillées montrent que l’immigration augmente généralement l’emploi dans les communautés d’accueil, n’encombre pas le marché du travail local et améliore le taux d’investissement dans les entreprises et initiatives nouvelles. De manière générale, l’impact des migrants sur les finances publiques – nationales et locales – reste relativement faible, tandis que les avantages qu’ils apportent dans d’autres domaines, tels que la diversité sociale et la capacité d’innovation, ont été largement démontrés.

Les auteurs indiquent que les gains pour les migrants peuvent être énormes. Une étude a révélé que les migrants issus des pays les plus pauvres ont, en moyenne, vu leur revenu multiplié en moyenne par 15, leur taux de scolarisation doublé et leur mortalité infantile divisée par 16 après une migration vers un pays développé.


Liens avec le développement

Pour les pays d’origine des migrants, le Rapport avertit que la migration ne saurait être à elle seule une solution au développement. Néanmoins, la mobilité apporte souvent des idées, des connaissances et des ressources nouvelles – aux migrants et aux pays d’origine – qui complètent, voire améliorent, le développement humain et économique. Dans de nombreux pays, l’argent envoyé par les migrants dépasse l’aide officielle.

Les gains des migrants sont souvent partagés avec la famille et la communauté d’origine. Dans de nombreux cas, cela se matérialise par des transferts de fonds, mais les familles de migrants tirent également d’autres avantages. Ces « transferts sociaux » incluent la réduction de la fertilité, l’augmentation du taux de scolarisation et l’autonomisation des femmes.

Le Rapport soutient également que l’exode de la main-d’œuvre hautement qualifiée, par exemple les médecins, les infirmières et les enseignants (sujet d’inquiétude majeur pour un certain nombre de pays en développement qui perdent ces professionnels) est plus un symptôme qu’une cause de l’échec des systèmes publics.

Une fois intégrée dans des stratégies nationales de développement plus larges, la migration constitue un complément aux efforts généraux locaux et nationaux pour réduire la pauvreté et améliorer le développement social et économique.


Supprimer les barrières

Le rapport Lever les barrières dresse une série de réformes autour de six « piliers », qui appellent à :

  • ouvrir les voies d’entrée existantes à davantage de travailleurs, notamment les moins qualifiés ;
  • garantir le respect des droits humains fondamentaux des migrants, notamment l’accès aux services d’éducation et de santé ainsi qu’au droit de vote ; 
  • réduire les coûts des démarches liées à la migration ;
  • trouver des solutions concertées bénéfiques pour les pays d’accueil comme pour les migrants ;
  • éradiquer les obstacles à la mobilité interne ;
  • intégrer la migration dans les stratégies de développement des pays d’origine.

En termes de migration internationale, le Rapport ne défend pas une libéralisation à tous crins car la population du pays de destination a le droit de modeler sa société, mais il soutient qu’il serait plus judicieux d’augmenter l’accès aux secteurs ayant une forte demande de main-d’œuvre, y compris pour les emplois peu qualifiés. Cet aspect est particulièrement important pour les pays développés frappés par le vieillissement de la population car ce phénomène entraîne l’augmentation de la demande de travailleurs migrants.

Faciliter l’accès et diminuer les coûts des démarches d’obtention des documents sont d’autres mesures importantes permettant de diminuer les obstacles à la migration légale. Selon le Rapport, la rationalisation de ces « barrières administratives » permettrait d’enrayer le flux des migrants irréguliers puisque les voies légales seraient simplifiées et moins chères.

Le rapport Lever les barrières appelle également les pays d’accueil à prendre des mesures pour mettre fin à la discrimination envers les migrants. Le Rapport insiste sur l’importance de répondre aux inquiétudes des résidents locaux et d’améliorer la sensibilisation aux droits des migrants. Il recommande en outre de travailler avec les employeurs, les syndicats et les groupes communautaires pour lutter contre la xénophobie.

Malgré les cas d’intolérance, les recherches mandatées par le PNUD pour le Rapport indiquent que la population des pays d’accueil est généralement favorable à la migration lorsque des emplois sont disponibles, et apprécie les avantages (économiques, sociaux et culturels) apportés par cette diversité accrue.


De l’abstrait au concret

Les conséquences de la récession mondiale se sont rapidement propagées à l’emploi, et la crise de l’emploi est une mauvaise nouvelle pour les migrants. Dans plusieurs secteurs, le nombre de nouveaux migrants est en baisse, tandis que certains pays d’accueil prennent actuellement des mesures pour encourager ou obliger les migrants à repartir. Mais selon le Rapport, c’est maintenant qu’il faut agir.

« La récession doit être considérée comme l’occasion d’instituer une nouvelle donne pour les migrants, qui profiterait aux travailleurs locaux et immigrés tout en les protégeant contre un sursaut protectionniste », indique la directrice Jeni Klugman. « Avec la reprise, les nombreuses tendances sous-jacentes qui ont favorisé les migrations au cours des cinquante dernières années referont surface et inciteront plus de personnes à migrer. »

Les gens se déplaceront ; c’est pourquoi le rapport Lever les barrières offre les outils pour mieux gérer cette mobilité humaine inévitable en posant des principes et des lignes directrices pour les destinations traditionnelles d’immigration, telles que les États-Unis et l’Europe, et les nouveaux « aimants » de la migration, comme le Costa Rica, le Maroc et la Thaïlande. La série de réformes proposée par le rapport Lever les barrières est étroitement liée à une évaluation réaliste de la situation économique et sociale, de la reconnaissance de l’opinion publique et d’autres contraintes politiques, observe le Rapport. Cependant, avec du courage politique, tout est possible.


Indice du développement humain

Autre élément publié aujourd’hui dans le cadre du Rapport mondial sur le développement humain 2009 : l’indice du développement humain (IDH), un indicateur composite du bien-être de la population qui regroupe l’évaluation de l’espérance de vie, de l’alphabétisation, de la scolarisation et du PIB par habitant. Ce dernier montre qu’en dépit des progrès constatés dans de nombreux domaines ces 25 dernières années, les disparités de bien-être dans les pays riches et pauvres continuent d’être grandes – une situation inadmissible.

L’IDH de cette année a été calculé pour 182 pays et territoires, soit la couverture la plus large à ce jour. Les estimations, qui reposent sur les informations disponibles les plus récentes recueillies par les Nations Unies et d’autres partenaires internationaux, s’appuient sur les données de 2007.


 

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